Sécularisation, athéisme et mythe individuoglobal ou l'inventivité de la recomposition religieuse des sociétés hypermodernes : le cas de la Sunday Assembly

SA2"L'homme areligieux à l'état pur est un phénomène plutôt rare, même dans la plus désacralisée des sociétés modernes. La majorité des "sans-religion" se comportent encore religieusement, à leur insu. »

Mircea Éliade Le sacré et le profane, 1957.

« L'irreligion croissante, elle aussi, phénomène de classe autant que de culture , appelle notre attention : elle peut à son tour prendre la forme de dogmes, de cultes, de morales, devenir une religion de statut temporel ». LE BRAS, Gérard, Archives de Sociologie des religions n°1, 1956.

« À mon avis, la modernité a toujours été “enchantée” [...]. Peut-être que les Sunday Assembly marquent une nouvelle étape de l’institutionnalisation des enchantements non religieux. Leur émergence, et celle d’autres mouvements non religieux [...] est une nouvelle phase dans la maturation de la société laïque : [...] inévitablement les cultures non-croyantes vont prendre de nouvelles formes ». LEE Lois, pour Rue 89, Sunday Assembly : les églises athées débarquent à Paris, 14 septembre 2014.

« Bienvenue à tous à la Sunday Assembly !!! Nous sommes réunis ce dimanche pour partager, apprendre de nouvelles choses et célébrer la seule vie que nous sommes sûr de vivre tous ensemble ! » Il est 11h, ce dimanche matin dans le nord de Londres, une salle comble entonne de vive voix un titre de Michael Jackson, alors que sur l'estrade un homme à l'allure christique harangue la foule. Ces individus en liesse sont les fidèles d'une nouvelle Église athée apparue en janvier 2013 à Londres, la Sunday Assembly (SA.) ; création de deux amis comédiens londoniens Sanderson Jones et Pippa Evans, ayant perdu la foi mais regrettant d'avoir par la même perdu leur Église.

L'idée d'une église athée peut surprendre et relève même pour certains plus de l'oxymore ou de la blague que de la véritable intention ecclésiastique. Et pourtant, la Sunday Assembly, avec ses quelques 3000 membres et ses 70 assemblées un peu partout dans le monde est loin de la fantaisie britannique dont se moquaient les médias francophones à ses débuts. Mais il est vrai que la Sunday dérange : elle vient perturber nos catégories et remettre en cause notre vision de la religion et de l'athéisme. Alors que l'appartenance et la croyance aux religions dites traditionnelles diminue inexorablement, la non-croyance, l'agnosticisme, l'athéisme ou l'affiliation à des « spiritualités » considérées comme athées augmentent dans toute l'Europe. Cette dynamique est la conséquence de l'affaiblissement du religieux dans sa capacité à régler les affaires de l'homme et de la société, mais aussi celle de l'avancée de courants de pensée areligieux tant politique que philosophique. Plus encore, elle est le résultat d'un déplacement de vérité : l'explication scientifique du monde gagnant toujours plus de terrain sur celle proposée par les religions traditionnelles. Enfin, ces dernières subissent les frais d'une sécularisation accrue. En perdant leur rôle de doctrine structurante, les religions libèrent par la même l'homme de sa coupe, le laissant vagabonder, tel un pèlerin[i], selon ses besoins, ses choix et ses envies à la recherche du sens à donner à sa vie. Cet homme areligieux, alors libre et seul face à lui-même et au monde dans lequel il évolue, fut longtemps considéré comme l'homme de demain, l'homme moderne, rationnel et émancipé qui marque le début d'une nouvelle ère. Si nous utilisons le conditionnel, c'est que cette vision d'un homme purement rationnel nous semble idéelle et qu'à la manière de J-F. Bastian nous considérons que l'homme n'a pas le choix de son animalité : il est à la fois animal social, rationnel et symbolique. Mais alors qu'en est-il de l'animalité symbolique de l'homme purement rationnel et athée, de l'homme moderne ?

La modernité se caractérise par un mouvement de sécularisation, une montée de l'athéisme    et    une    redéfinition    mythologique    de    l'être    religieux,  qui    entraîne une recomposition de la sphère religieuse illustrée par l'émergence et l'intensification de nouveaux mouvements religieux (NMR)[ii] Ces derniers se caractérisent par des modes d'organisation et de diffusion ultra-modernes, ainsi que par des schémas de pensée  originaux: promesse du bonheur ici-bas, religions de laïques, sécularisation des prophètes d'hier en coach, socialisation des valeurs dominantes (société capitaliste, psychanalytique etc) et nouvelles de la société (écologie, humanisme etc), synthèse de différents mouvements de pensée et essais de conciliation de la science et de la religion entre autres. Face à ce marché du croire qui s'intensifie et se diversifie, l'homme moderne adopte une vision consumériste où le choix, la mobilité[iii]et le retour sur investissement priment. Selon Raphaël Liogier, l'homme y pioche les clefs de son propre désir d'être qui, indépendamment de ses choix, prend racine dans un sol mythique particulier : celui de l'individuoglobalisme. Cette « tension mythique, essentielle, irréductible, le cœur mythologique auquel s'alimente la culture des sociétés industrielles avancées, y puisant l'éthique du développement durable comme l'aspiration au développement personnel, le désir d'aventures lointaines, d'actions humanitaires mais aussi corrélativement, en équilibre sur le même fil tendu imaginaire la quête de connaissance de soi, de bien-être individuel[iv]».

SA6La SA s'inscrit elle aussi dans ce marché et pose la question de la redéfinition du croire et du religieux contemporains. Ce qui en fait un objet d'étude si intéressant, c'est que la SA ne se considère ni de nature religieuse, ni en tant qu'organisme ayant à voir avec la religion. Elle serait alors un exemple de sécularisation[v]d'une structure par essence religieuse assez rare et surprenant. Nous ne faisons pas l'hypothèse de la mauvaise foi du mouvement (se disant areligieux mais religieux tout de même) mais constatons seulement que d'un point de vue sociologique, cette structure prend place sur un marché spécifique et qu'elle semble participer au remodelage et à la modernisation de ce dernier. Faire l'hypothèse du remodelage religieux au sein de l'hypermodernité[vi] (ou de la modernité en acte), c'est rejeter le paradigme de sortie du religieux comme décrit par la génération précédente de sociologues en la matière, qui s'appuyaient sur l'observation empirique du déclin des religions traditionnelles et envisageaient leurs extinctions futures en raison de la théorie de désenchantement du monde proposée par Max Weber.

Nous faisons l'hypothèse que l'appréciation du religieux et de l’a-religieux est subjective, considérant que d'un point de vue sociologique, on ne puisse démontrer la particularité de l’une par  rapport  à  l'autre.  À cette hypothèse,  s'en  ajoute  une  plus  générale  tenant  à  la redéfinition du champ religieux. Notre ambition est bel et bien d'étudier ce phénomène en utilisant les outils de la sociologie religieuse afin de comprendre comment elle intervient dans la recomposition en cours de la sphère religieuse. En effet, l'objectif n'est pas tant de savoir si oui ou non la SA constitue une nouvelle religion qui intéresse le sociologue – la définition ne constituant qu'un instrument pratique –, mais bien « de saisir la logique de transformation de l'univers religieux » au sein de laquelle la Sunday Assembly prend place.

Prenant en compte l'héritage durkhémien[vii], nous étudierons ce que les sociologues peuvent appréhender d'un système religieux : les rites et les croyances. La Sunday étant un très jeune mouvement, il paraissait évident que nous ne pouvions nous contenter de la seule approche journalistique qui nous était offerte. C'est donc grâce aux données récoltées au cours de deux terrains successifs en France et en Grande Bretagne que notre étude prend place. Au sein de cette recomposition, trois dynamiques prennent place successivement : une dynamique générale qui est celle de la sécularisation, une autre bien souvent associée à la religiosité moderne, en ce qu'elle en constitue le sol mythique, qui est l'individuoglobalisme et, enfin, une troisième à tendance philosophique cette fois, et que nous pourrions nous risquer à définir comme une sorte d'athéologie hypermoderne. À chacune de ces dynamique équivaut une étape de recherche, un coup de projecteur sur cette organisation. Sa manière de faire lien ou sa structure sécularisée (1), sa manière de faire sens, c'est-à-dire les valeurs développées et son inscription dans une mythologie bien particulière (2) ; sa critique enfin ou ses effets tant au sein de la sphère religieuse contemporaine que dans le monde athée (3)

SA4Ce qui fait l'originalité de la Sunday c'est son mimétisme assumé des cultes chrétiens anglicans. Nous ne sommes pas dans une structure qui reprend par défaut les codes d'une structure ecclésiale traditionnelle, mais bien d'une volonté de la part de ses créateurs de détourner une structure, en l'occurrence tant matérielle (une église) que rituelle (une liturgie avec lectures, célébrants, chants, quête et communion) pour célébrer une conviction contraire à celles dont ils empruntent la matérialité. Le détournement, de ce que Raphaël Liogier nomme l'hypertradionnel (ou le plus que traditionnel), participe d'un mouvement plus large de fantômatisation du religieux. Cette fantômatisation est le fruit d'une frange de l'athéisme qui souhaite moins la mort de Dieu que sa disparition et s'inscrit donc largement dans la tendance séculière de notre temps. Il est vrai que le cas de la SA requiert tous les éléments d'une sécularisation ecclésiastique : une rationalisation de la structure, sa différenciation avec l'originelle et sa mondanisation[viii]  ou son ouverture vers et sur le monde. Bien que notre étude n'est pas amenée à une qualification de cet hybride naissant, nous avons pu éliminer toute lecture du mouvement comme relevant de ce que l'on nomme plus communément une secte ou d'une megachurch en devenir. La Sunday a, semble-t-il, la forme d'une Église mais elle est avant tout une charity aux élans de multinationale. Ses créateurs Sanderson Jones et Pippa Evans n'ont d'ailleurs pas lésiné sur les moyens de transformer leur petite initiative londonienne en une ONG athée d'ampleur internationale. Ils ont créé une structure fluide et polyvalente, utilisant les nouvelles technologies et notamment Internet pour faciliter leur développement et mettre en lien les individus. Le lien, c'est en effet l'argument phare des Assemblistes : recréer du lien dans une société qui serait en pénurie. C'est cela qui aurait aussi inspiré les deux co-fondateurs des Assemblies : recréer du lien pour ceux qui sont sans religion, qui sont sans « relegere », « sans lien » en latin. Cette construction entreprenariale s'accompagne d'une communication joyeuse et multiple qui, associée à une stratégie marketing élémentaire, porte ses fruits et propulse pendant presque deux ans la SA sous le feu des projecteurs. Une grande partie de nos recherches s'est effectuée par le biais de cette communication plurimédiatique et de son analyse. Elle nous a permis en outre de caractériser les premiers arguments en sa défaveur et sa réception régionale.

SA3Néanmoins la Sunday Assembly n'est pas seulement une structure originale, c'est aussi et surtout un discours à la fois humaniste et spirituel s'inscrivant dans une mythologie tout à fait particulière et que nous décrivions précédemment. Il suffit pour s'en convaincre de se référer à la maxime du mouvement : « Vivre mieux, aider souvent et s'émerveiller plus ». Deux dimensions retiennent alors notre attention : la tendance humaniste (« aider souvent ») ou ce que nous pourrions qualifier comme le développement d'une certaine «conscience  du  monde », mais aussi sa dimension individuelle et spirituelle  (« vivre  mieux,  s'émerveiller plus ») qui s'assimile à une expression d'un certain « souci de soi[ix] ». La Sunday est donc un organisme à la fois parlant et agissant, il s'engage dans la vie politique et sociale quotidienne auprès d'associations, qui sont chaque semaine invitées à partager leurs initiatives ; mais  aussi de manière occasionnelle lors de festivals de musique aux allures de Burning man ou  lors de manifestations pro LGBT par exemple. Bien entendu, ces interventions sont soutenues par un discours enrichi pour chaque célébration d'intervenants qui abordent des thèmes aussi hétéroclite que La joie ou Le cerveau a t-il un sexe ? Dans ce brouhaha d'informations, trois décors semblent pourtant récurrents : la science, la nature et la tradition, qui constituent à eux trois la base de la mythologie individuoglobale. Cette redondance est le résultat d'une quête à la fois scientifique et personnelle de l'homme contemporain, athée ou non, pour une certaine forme de sur-soi : une hyper-humanité. Notre terrain nous a donc permis de repérer ces discours et les individus à qui ils s'adressaient : des individus principalement jeunes, mobiles, suréduqués, surcréatifs, mais pas forcément athées, de sorte que si le mouvement se définit par son athéisme, ce n'est pas le cas de tous ses membres. Tous en revanche viennent chercher aux SA un élément de développement personnel, un fragment de « spiritualité athée ». Ce qui importe lors de ces cérémonies, c'est la célébration de la vie ici-bas. Loin des préoccupations de certaines religions ou courants religieux qui aspirent à la bonne vie après la mort, la  Sunday veut donner quelques outils de bonheur dans la vie de tous les jours. À commencer  par la cérémonie : rires, chants, partage du tea and cake, tout est mis en place pour procurer une expérience d'émotion collective digne de certaines messes évangélistes. D'ailleurs la population est assez similaire avec celle plus communément étudiée dans les jeunes mouvements protestants[x] Être heureux, c'est avoir une vie digne d'intérêt, le bonheur devenant une exigence, un impératif. Pour être soi, il faut être heureux, la mort, la tristesse, le pathos sont laissés à des préoccupations d'un autre temps. Pour ce faire, la Sunday marie savoirs et divertissements dans une célébration qui emprunte à la fois au TED talk et au one- man-show[xi]. En dehors des heures de cultes, s'organisent autour des Sundays tout un ensemble d'activités, elles aussi fortement impliquées dans une volonté de bien-être : yoga, streaching ; et de mieux-être : cours de langues, sur le féminisme, le bio etc. Toutes ces initiatives prennent racine dans une quête de l'hyperhomme propre à une mythologie (que l'on pourrait qualifier d'athée, puisqu'aucun dieu, ni divinité n'y est présent et où l'homme seul, atomisé se retrouve face au global) et convergent vers une pratique collective du self-improvment.

Bien qu'elle se veuille universelle et ouverte à tous, la Sunday Assembly connait un certain nombre de réticences et de critiques. En France par exemple, tout comme en Belgique (mais pour des raisons différentes), pourtant parmi les pays les plus athées et séculiers d'Europe, son implantation fut difficile. Aussi notre terrain parisien nous amena à repenser de manière critique cette structure qui était loin de faire l'unanimité. Trop proche de leur modèle original, ces messes athées, bientôt rebaptisées « congrégations laïques[xii] », étaient considérées par certains comme à la fois sectaires, inutiles et comme relevant plus de la fantaisie de mauvais goût que d'une initiative viable. Il faut dire que malgré le succès qui suivit son ouverture, les médias restèrent méfiants et ne facilitèrent pas la traduction du concept. Les termes « athée », « laïque », « seculier » étaient utilisés comme synonymes, dépossédées de l'attache culturelle qui leur donne sens. De même que l'ironie constamment utilisée pour « athée » et « laïc » n'étant pas synonymes (bien qu'en Belgique l'un et l'autre soient liés). Ils sont souvent assimilés ou confondus par certains : « Le concept est en lien avec les humanistes. Il crée du lien social. Pour nous, les laïcs, c'est boulot, dodo. Il nous manque quelque chose. » explique Yann, un assembliste parisien. Cependant être laïc, au minima, dans la vie civile revient à dire « qui n'appartient pas au clergé », soit l'ensemble des non croyants et croyants ne relevant pas de la bureaucratisation d'une institution religieuse, au maxima, ou au niveau institutionnel, à être ou faire indépendamment des institutions religieuses. Mais en rien le fait d'être laïc ne se réfère à l'athéisme en particulier, il y a là un contre-sens qui est moins rare qu'il n'y paraît, dans l'esprit commun, mais aussi dans les médias et en politique. De même que l'État français soit laïc, a-religieux, c'est à dire sans aucune référence divine et séparé de toutes institutions religieuses, n'en fait pas une communauté d'individus athées. Ainsi la Sunday, en ce qu'elle constitue une communauté ouverte et inclusive constituerait pour ses fondateurs une assemblée plus laïque qu'athée. Cette traduction n'est pas abusive, mais pose tout de même question. Décrire le phénomène le décrédibilisait au point de ne jamais le prendre au sérieux. À la sortie de l'office, les témoignages recueillis étaient assez mitigés et entretenaient cette méfiance. L'assemblée se compose alors majoritairement de curieux venus essayer cette drôle d'expérience « a-religieuse », mais peu sont ceux qui reviennent. Cet échec, bien qu'il soit le résultat d'un ensemble de facteurs propres aux petits groupes est aussi le résultat d'un certain socle politico-historique propre à une certaine vision de l'athéisme en France[xiii].

« La situation étrange à laquelle nous avons  à faire dans ce pays est inexplicable en effet si on ne la rapporte pas à la relation ambivalente que la laïcité a entretenu et continue d'entretenir avec la religion (…) écartelée entre l'objectif démocratique de garantir la liberté des croyances – pourvues que celles ci soient contenues dans la sphère privée – et un désir plus ou moins exprimé d'arracher les consciences à l'influence de représentations jugées radicalement contradictoires avec la raison et l'autonomie[xiv]»

La laïcité en France est une affaire d'État. Non seulement parce qu'elle intervient dans la construction de celui-ci mais aussi depuis 1905 dans sa qualification. Selon Marcel Gauchet[xv], elle est le résultat de deux périodes successives dans l'histoire de l'État de droit. Sa naissance et son développement sous le régime de la monarchie absolue, autrement dit, la période s'étalant de la fin des guerres de religions, avec l'édit de Nantes en 1598, jusqu'à la Révolution française et la constitution civile du clergé de 1790. Puis sa transformation sous un régime républicain et son apogée en État providence, du début du concordat napoléonien en 1801 à la crise économique de 1973. Le point d'orgue de cette chronologie étant le 9  décembre 1905 et la séparation de l'Église et de l'État dans ce que beaucoup considère comme la naissance de la laïcité (d'État) en France. Ce phénomène de laïcisation ne peut être simplement assimilé à celui de sécularisation. Françoise Champion[xvi] rappelle à cet égard qu'il s'agit principalement d'un phénomène culturel propre aux « pays catholiques caractérisés par l'unité confessionnelle, où l'émergence d'une sphère publique dégagée de l'emprise de l'Église romaine n'a pu passer que par une intervention volontariste, voire chirurgicale, du pouvoirpolitique[xvii]». Alors   que   la   sécularisation   est   caractéristique   des   terres d'obédience protestantes, bien moins violente et radicale, mais proposant aussi un statut plus ambivalent du religieux. Enfin, au sein même des pays catholiques, nombreux sont ceux pour qui le processus de laïcisation n'a ni aboutit à une séparation de l'Église et de l'État (Italie), ni au renversement des structures religieuses par les structures laïques mais à une mise en concurrence de ces dernières (Belgique).

SA5Deux autres éléments socio-politiques qui participent de l'échec des Sundays en France sont sa hantise du pluralisme communautaire et sa paranoïa sectaire. Le premier est le fruit de la longue histoire de l'universalisme en France ou cette volonté d'unifier un État à l'origine pluriel par le haut par de valeurs qui se voudraient universelles. De sorte que tous les particularismes ethniques, religieux et linguistiques furent relégués au rang de communautarisme. Un communautarisme qualifié d'ennemi de l'État républicain et qu'il faut à tout prix dissoudre. Sans rentrer dans les  détails, ni dans le débat pourtant passionnant sur la question, il nous convient de souligner que le plus souvent ce terme vient qualifier une communauté ethnique ou religieuse (communauté noire, communauté  musulmane,  voire  catholique  mais  non  communauté  bourgeoise  ni  blanche etc[xviii]) minoritaires. Plus cette dernière est mineure plus elle dérange, à la manière d'un petit gravier dans la chaussure de l'État républicain. Ainsi les NMR « étiquetés sous le label dépréciatif de « sectes » (cults en anglais)[...] représentent pour le sens commun des forces « dystopiques » menaçant les structures et les valeurs fondamentales de la société, associées à la manipulation psychologique, la conspiration envers l'État et à la corruption du système de valeurs dominant.[xix]». Les excès et  drames de certains mouvements comme les suicides collectifs de l'Ordre du Temple Solaire, ou le proxénétisme des Enfants de Dieu ne faisant que grandir la peur qu'un tel endoctrinement vienne ronger la société démocratique de l'intérieur. Pour lutter contre cette « maladie de la République[xx]», la France a pris dès le début des années 90 une série de mesures étatiques et juridiques : à titre d'exemple, la création en 2001 sous le gouvernement Jospin de la Mission Interministérielle de Vigilance et  de  Lutte contre les  Dérives  Sectaires. Volonté  universaliste  et  peur sectaire,  le tout assimilé à une laïcité d'État souveraine, n'ont fait que rendre plus difficile encore la traduction et l'implantation de cette « bizarrerie » venue d'outre-Manche.

Mais il n'y a pas que depuis la France que les critiques pleuvent sur  les Sundays. Alors que les religions traditionnelles perçoivent ces assemblées majoritairement d'un bon œil, considérant qu'il ne s'agit ni plus ni moins d'un chemin vers Dieu pour ses milliers de brebis égarées, pour certains croyants[xxi], en vidant la structure  de  son  fond,  les  co-fondateurs  de  la  SA  ont  opéré  une   gentrification grotesque, qui sous couvert de détournement créatif et d'ambitions modernistes prétend imiter l'original en la remplaçant par une belle mais simple coquille vide. Ce détournement est la signature d'une nouvelle classe dominante bobo qui ne joue  plus le jeu de la richesse économique mais de la richesse universelle et culturelle, le premier permettant la création d'une classe dé-territorialisée, globale, aux aspirations et valeurs universelles (environnement, droit de l'homme etc) ; le second lui permettant de se distinguer toujours plus, à la fois de la masse et de la bourgeoisie traditionnelle, par leur singularité esthétique et stylistique (le mauvais goût des classes dominées, devenant le nec plus ultra de cette boboïté-là[xxii]). Cependant, les critiques les plus virulentes envers la SA proviennent des athées eux-mêmes, chez qui elle inspire à la fois le rire et l'indignation, l'admiration et le rejet.

Nous l'avons déjà abordé précédemment, les similitudes entre la SA et les cultes traditionnels dérangent un certain nombre d'athées, qui bien que n'étant pas contre le fait de se regrouper, voient dans cette organisation un acte manqué. De plus, ce besoin de toujours trouver un substitut viable à la religion, comme pour aider le peuple en sevrage d'opium avec un autre antalgique, n'est pas de l'avis de la majorité des athées. Beaucoup ainsi ne ressentent ni le besoin ni l'envie de se regrouper, de communier. Croyance ou incroyance, cela doit rester de l'ordre du privé, et en faire démonstration de cette manière semble pour beaucoup impudique et imprudent. Impudique, car comme nous venons de le voir, le monde séculier dans lequel nous évoluons essaie de minimiser l'impact de la croyance ou de l'incroyance dans notre vie quotidienne. Il en est d'autant plus vrai dans un pays laïc comme la France. Imprudent, car s'ouvrir à une communauté de sens c'est bien souvent abandonner son propre système, c'est risquer l'endoctrinement et limiter l'autonomie de l'homme qui doit parvenir seul à sa liberté. Une division s'opère dès lors entre ceux qui se considèrent comme les « vrais athées » militants pour la plupart, individualistes, libres mais solitaires ; et les « tièdes » ceux qui ont besoin de se regrouper, qui ne peuvent encore se passer totalement de la structure aliénante religieuse et que l'on considère comme névrosés. Entre ces deux, une multitude[xxiii] de positionnements voient le jour : ceux qui considèrent que se regrouper ne contreviens pas à leur conviction mais au contraire la développe, ceux qui considèrent que se regrouper c'est matérialiser la pensée athée dans une institution donnée lui permettant une médiatisation accrue, ceux qui souhaite une médiatisation accrue mais pas d'institutions, enfin ceux qui en sont ni pour  l'institutionnalisation, ni pour la médiatisation d'une pensée par essence d'ordre privée. Le schisme entre ces différents courants de pensée aura lieu à New York avec la diffraction d'une partie de la SA originelle pour une assemblée 100% composée d'athées : « The Godless Revival ».

Un des éléments qui dérangent le plus la frange du monde athée que l'on pourrait qualifier de « traditionnelle », c'est l'amoindrissement du discours anti-religieux et le développement de stratégies et de structures trop proches d'un modèle qu'ils rejettent. L'athéisme semble être devenu une croyance comme une autre à laquelle l'homme est libre d'adhérer à son gré. Mais si l'athéisme ne prône plus la mort de la religion, quel est dès lors son nouveau crédo ? La réponse à cette question nous est pour l'heure impossible mais force est de constater qu'une nouvelle dynamique moins d'opposition que de reconstruction est en marche.

Pour un certain nombre de philosophes actuels s'étant penchés sur la question, à l'image de Ronald Dworkin, Alain de Bottom, Adrien Morel ou même André de Comte Sponville, l'athéisme doit se reconstruire de manière à venir combler le fossé qui par le passé le séparait des théistes (les qualificatifs de croyant ou religieux perdant à ce niveau d'analyse leur spécificité). Les divergences se retrouvent absorbées par un héritage, une vision commune que d'aucuns qualifieraient d'anthropologique de la société et du vivre ensemble. Car ce qui les unit, c’est un ensemble de valeurs : pour Dworkin, il s'agit du beau et de la propension à l'émerveillement, pour Comte-Sponville, c'est la laïcité qui doit permettre cette main tendue, alors que pour Morel il s'agit de l'humanisme que rend possible l'altérité.

SA1Si une recomposition est en marche, peut-on se demander si celle-ci ne va pas vers la qualification d'une religion athée ? Pour certains à l'instar d'Adrien Morel[xxiv], cette s 'inscrit dans l'histoire, l'athéisme sera la nouvelle manière de croire, la religion du futur, pour Ronald Dworkin[xxv] l'athéisme est une religiosité qu'il faut savoir exploiter. Plus qu'un simple accord de principe, la fin de l'opposition systématique entre religieux et non-religieux participe d'un mouvement d'influences mutuelles entre ces deux sphères jusque-là étanches à tout échange, mais dont les premiers essais de ralliement n'ont pas attendu l'apparition des Sundays. Auguste Comte, père du positivisme, avait, quelques cent soixante-cinq années auparavant, lui-même créé sa religion sans Dieu, athée, qu'il nommait « la religion de l'Humanité ». Son idée était elle aussi messianique et annonçait un âge nouveau : celui de l'état positif. Cette Église – dont les derniers vestiges sont encore présents dans le quartier du Marais à Paris, ou sur la côte brésilienne – ne vénérait pas une divinité surnaturelle mais supra-naturelle, le grand Être, c'est-à-dire l'Humanité au travers d'un culte des ancêtres regroupant tous les plus grands serviteurs de ce dernier, Aristote et Shakespeare en tête. Un autre architecte de cette recomposition est Alain de Botton, auteur de l'essai Religion for Atheists, A Non-believer's Guide to the Uses of Religion, qui créé en 2008 la School of Life, dans laquelle il appelle à ne pas laisser les religions aux seules mains des croyants. Lui aussi à la manière de Dworkin considère que l'athéisme n'est pas allé au bout de sa logique et n'a pas su proposer (depuis la mort de ses grands penseurs) de nouveau modèle d'être, de faire sens et de faire lien.

« You may not agree with religion but religion are so suttled, so complicated , so inteligent in many ways that they not fit to be abandonned for the religious alone, they are for all of us[xxvi]»

Alain de Botton, Athéisme 2.0.

La Sunday Assembly est un organisme embryonnaire en formation, dans un milieu en prise avec son temps, dont elle tire son originalité et trouve son aspiration. Si sa définition reste à l'aune de ce travail quelque peu floue, le cheminement entrepris pour la caractériser nous aura permis de mettre en exergue un certain nombre de dynamiques, de tendances, mais aussi de nouvelles problématiques concernant le remodelage de la sphère religieuse hypermoderne. Il nous faut désormais revenir sur cette route pleine d'embûches et de contradictions pour en réaliser toute la richesse et la signification.

La sécularisation, nous l'avons vu, se développe dans tous les domaines de la société, n'épargnant pas même la sphère religieuse. Mais cette dernière, en laquelle les sociologues  pensaient voir les prémices de la fin du religieux, cesse alors d'être confondue avec la déreligiosiation[xxvii]. La sécularisation est en réalité un processus non pas de déconstruction mais de désemplissement des structures millénaires, appelant à leur tour un reremplissement avec un sérum- d'aucuns diraient un opium -, correspondant à l'homme et à la nouvelle société dans laquelle il évolue. Cette vision structuraliste est aussi en prise avec une dynamique économique capitaliste et néolibérale accrue qui modifie et renforce les règles du marché religieux tout en influençant profondément sa reconstruction.

L'homme moderne est humaniste, son individualisme exacerbé en fait un être, non pas de plus en plus égoïste, mais foncièrement engagé dans les grandes causes de son temps. Si certains qualifient cet être individuoglobal d'atomisé, l'atomisation n'est pas l'anéantissement mais la dispersion voire la déconstruction (ce qui appelle une reconstruction) du monde, de la société ou de l'individu devenu multiple. Nous considérons ici qu'il ne s'agit pas du dépérissement d'une époque (comme proposé par les postmodernistes), ni d'un processus avorté, mais du commencement de la mise en acte de modernité, c'est-à-dire de l'hypermodernité. La Sunday Assembly n'est pas alors une anomalie de notre époque, mais l'expression du nouveau sol mythique qui lui est lié : l'individuoglobalisme.

Enfin la tendance athée au sein de laquelle apparaît la Sunday, bien que minoritaire, semble être symptomatique d'un nouveau tournant axial « c’est-à-dire comme une période de l’histoire caractérisée par un remodelage général du symbolique et en particulier du religieux, à l’image du précédent « âge axial » qui vit naître les religions de salut[xxviii]». Notre époque serait-elle l’une de ces transitions dont le IVe siècle fut témoin ? Ce qui caractérise un tournant axial, c'est la  concomitance de deux processus, un déclin du religieux d'une part et la résurgence d'un autre religieux de l'autre.  Il est alors le témoin d'adaptations, de redéfinitions, d'innovations, et de réactions conservatrices de la part de la sphère religieuse elle-même. Cela semble correspondre au scénario développé tout au long de ce travail. « Cela relativise enfin la vision de la modernité comme rupture religieuse totale ou comme simple adaptation et fait apparaître l’importance des déclins, des continuités, des ré- interprétations et des innovations, en offrant une manière de tenir ces tendances contradictoires en un même système d’explication». Ainsi bien plus qu'une simple bizarrerie anglo-saxonne, la Sunday est peut-être en réalité l'un de ces petits cailloux qui construisent les bases d'une nouvelle ère. Non pas une ère sans religion, mais celle d'une religion autrement.


[i] HERVIEU-LÉGER Danièle, Le pèlerin et le converti, La religion en mouvement, Paris, Ed. Le champs, Flammarion, 2001

[ii] L'extrême polarisation du débat entre sociologues pour ou contre l'utilisation du terme secte, nous a poussé à y préféré celui de nouveaux mouvements religieux. Le terme secte est au cours de ce devoir entendu dans sa définition commune. Ref. LUCAS Nathalie. LENOIR Frédéric, Sectes, mensonges et idéaux, Broché, Paris, 1998.

[iii] HERVIEU-LEGER Danièle idem

[iv] LIOGIER Raphaël, Souci de soi, conscience du monde, vers une religion globale ? Paris, Arman Colin, 2012, page 12.

[v] BERGER L. Peter, SACKS Jonathan, MARTIN David, WEIMING Tu, WEIGEL George, DAVIE Grace et AN-NAIM Abdullahi A, The Desecularization of the World: Resurgent Religion and World Politics, Grand Rapids, Eerdmans, 1999.

[vi] LIOGIER Raphaël, Souci de soi, conscience du monde, vers une religion globale ? Paris, Arman Colin, 2012. Cette notion est aussi présente chez Jean paul Willaime qui utilise, lui, le terme d'ultramodernité. Tout deux devant être différenciés voir opposés à la post-modernité ou la modernité dépassée

[vii] DURKHEIM Émile.D, Les Formes élémentaires de la vie religieuse : le système totémique en Australie, Presses Universitaires de France, 5e édition, 2003. « Une religion est un système solidaire de croyances et de pratiques relatif à des choses sacrées, séparées, interdites qui unissent en une même communauté morale tous ce qui y adhère. La religion est une chose collective »

[viii] BASTIAN Jean-Pierre, « Sécularisation et émotion, les pentecôtismes, paradigme de la recomposition religieuse dans la modernité tardive. » cours de sociologie religieuse délivré à l'Université de Strasbourg, 2014-2015.

[ix] Ou les deux dimensions définis par Raphaël Liogier dans son ouvrage éponyme.

[x] CHAMPION Françoise et HERVIEU-LEGER Danièle (dir.), De l’émotion en religion. Renouveaux et traditions, Paris, Le Centurion, 1990.

[xi] Cette ambiance est en grande partie du au passé d'un de ses fondateurs, Sanderson Jones one man show et humoriste  de profession. Le rire est important, tout comme la chanson il détend et permet une meilleure concentration, il n'est donc pas utilisé en vain lors de ces cérémonies.

[xii] Passer d'athéist church à congrégation laïque, vous en conviendrez, le pas est tout de même très large. Les termes « athée » et « laïc » n'étant pas synonymes (bien qu'en Belgique l'un et l'autre soient liés). Ils sont souvent assimilés ou confondus par certains : « Le concept est en lien avec les humanistes. Il crée du lien social. Pour nous, les laïcs, c'est boulot, dodo. Il nous manque quelque chose. » explique Yann, un assembliste parisien. Cependant être laïc, au minima, dans la vie civile revient à dire « qui n'appartient pas au clergé », soit l'ensemble des non croyants et croyants ne relevant pas de la bureaucratisation d'une institution religieuse, au maxima, ou au niveau institutionnel, à être ou faire indépendamment des institutions religieuses. Mais en rien le fait d'être laïc ne se réfère à l'athéisme en particulier, il y a là un contre-sens qui est moins rare qu'il n'y paraît, dans l'esprit commun, mais aussi dans les médias et en politique. De même que l'État français sois laïc, a-religieux, c'est à dire sans aucune référence divine et séparé de toutes institutions religieuses, n'en fait pas une communauté d'individus athées. Ainsi la Sunday, en ce qu'elle constitue une communauté ouverte et inclusive constituerait pour ses fondateurs une assemblée plus laïque qu'athée. Cette traduction n'est pas abusive, mais pose tout de même question.

[xiii]Il ne s'agit pas en l'occurrence de stigmatiser une énième particularité à la française mais bien de proposer une explication socio-politique à la singulière réception de la Sunday Assembly en France. Non pas que cette dernière soit une terre stérile à ce genre de mouvement, mais que celle-ci se compose d'un certain nombre d'éléments qui n'y facilitent pas la naissance, ni n'en favorisent le développement.

[xiv]HERVIEU LÉGER Danièle, La religion en miettes ou La question des sectes, Paris, Calmann-Lévy, 2001, page 22. citant entre autres BOURETZ Pierre, « La démocratie française au risque du monde », in M.Sadoum (éd.), La Démocratie en France, Paris, Gallimard, 2000, p.27-137.

[xv]GAUCHET Marcel, La religion dans la démocratie. Parcours de la laïcité, Paris, Gallimard, « le débat », 1998.

[xvi] CHAMPION Françoise, , Les laïcités européennes au miroir du cas britannique, XVIe-XXIe siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, (Sciences des religions).

[xvii]GAUCHET Marcel, op.cit. Page 15 ( en reprenant les thèses de Françoise Champion)

[xviii] ZAMINE Ossman, « Vous avez dit 'communautarisme'? » in blog CONTRE-FEUX, 9 février 2016 [url:https://contrefeuxblog.wordpress.com/2016/02/09/vous-avez-dit-communautarisme-2/

[xix] HERVIEU-LÉGER Danièle, La religion en miettes ou La question des sectes, Paris, Calmann-Lévy, 2001.

Idem

[xx] BRERETON Adam, « My local 'atheist church' is part of the long, inglorious march of gentrification », THE GUARDIAN witness, march 12, 2014.

[xxi]21BRERETON Adam, « My local 'atheist church' is part of the long, inglorious march of gentrification », THE GUARDIAN witness, march 12, 2014.

[xxii] TRUONG Fabien Le Goût des autres : sociologie des intentions et intentions sociologiques , Presses Universitaires de France, L'année sociologique, 2015/1 (Vol.65)..

[xxiii] Sous la bannière athée sont regroupés des gens ayant en commun une non-croyance et que cette dernière bien que théorisée par nombreux auteurs ne forme en aucun cas un dogmes auquel se pourfendraient des hérétiques. La non- croyance est par essence plurielle.

[xxiv] MOREL Adrien, L'atheisme : fin du religieux ou avenir de la religion ? Ed. Du promontoire, Rennes, 2009.

[xxv] DWORKIN Ronald, Une religion sans Dieu, collection logos, Labor et Fides, Genève, 2014

[xxvi] « On peut ne pas être d'accord avec les religions, mais les religions sont si sophistiquées, si compliquées, si intelligentes qu'elles ne doivent pas être abandonner aux seuls religieux, elles sont pour nous tous. »

[xxvii] DEBRAY Régis. GEFFRE Claude, Avec ou sans Dieu ? Le philosophie et le théologiens, Dialogue animé par Eric Vison, Bayard, 2006, page 6.

[xxviii] LAMBERT Yves, « Religion, modernité, ultramodernité : une analyse en terme de ''tournant axial'' », Archives de sciences sociales des religions, janvier-mars 2000

Sources

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Source: Extraits du travail de fin d'étude soutenus en septembre 2015, Aix-Marseille Université et IEP Aix-en-Provence.