Quel prosélytisme chrétien le long de la route de la soie ? Propagation et présence du Christianisme nestorien en Asie Centrale et en Chine (IVe-XIVe)

RS4En 1757, dans son Essai sur les mœurs, Voltaire écrit «On prétend que vers le VIIIe siècle, avant Charlemagne, la religion chrétienne était connue jusqu’en Chine (…) Il y’a assez de vérités historiques sans y mêler ces absurdes mensonges. Il est très vrai qu’au temps de Charlemagne, la religion chrétienne, ainsi que les peuples qui la professent, avait toujours été absolument inconnue à la Chine.[1]» Aussi, il ne serait guère étonnant que le sujet de ce dossier puisse étonner un lecteur non-averti. Si la route de la soie évoque principalement le transfert de marchandises précieuses - soie, épices, porcelaine –pour les passionnés d’histoire des religions, elle peut également évoquer la circulation du Bouddhisme puis de l’Islam, éventuellement celle du Manichéisme mais généralement pas celle du Christianisme. Pourtant, sur ce périple situé entre les confins du Moyen-Orient et de la Chine, traversant des territoires peuplés par des Persans, des Turcs, des Ouighours, des Mongols et des Chinois, la foi chrétienne – sous sa version la plus orientale, qualifiée de nestorienne  – a connu une sorte d’âge d’or au point de devenir majoritaire à une époque, chez certains peuples d’Asie centrale et de Mongolie.

L’étude de la propagation du Christianisme le long de la route de la soie est particulièrement intéressante pour deux raisons : premièrement, c’est un sujet peu connu, généralement ignoré du grand public. Deuxièmement – et c’est une spécificité de la propagation des grandes religions dans cette aire spatio-temporelle – la propagation de la foi chrétienne en Asie centrale et en Chine est pratiquement « scientifiquement pure » pour l’observation que nous allons mener sur les liens entre les routes marchandes et le prosélytisme.

En effet, le Christianisme «  nestorien  » s’est développé en Asie, alors même qu’il était dépourvu de tout bras étatique et militaire. Ce qui en fait une exception  : à étudier comparativement le développement des autres grandes religions de la route de la soie, à savoir le Bouddhisme, l’Islam et même le Manichéisme[2], il est notable que chacune de ces religions eurent de puissants «  états champions  » dans la zone, rendant difficile a posteriori la distinction entre ce qui relèverait d’un prosélytisme marchand et missionnaire – pacifique et itinérant - et de ce qui releva de conversions forcées ou institutionnellement encouragées.

A contrario, la propagation en Asie centrale d’un Christianisme désarmé, n’a pu se faire que pacifiquement  : sans conversion forcée et sans persécution religieuse. Un cheminement historique bien différent de celui qu’emprunta le Christianisme en Occident, comme l’illustrent les exemples de l’évangélisation des Saxons menée par Charlemagne, ou de l’évangélisation des Vikings, menée par Saint Olaf, patron guerrier de la Norvège. La constitution de ces communautés chrétiennes, tout au long de la route de la soie, menée sans l’appui d’un statut favorisé, ni même le plus souvent d’une protection stable, est l’originalité de cet enracinement religieux. Peut-être cette absence de bras séculier constitua-t-elle aussi sa principale faiblesse et explique en partie son extinction[3]. Dans la mesure du possible, compte tenu des matériaux historiques, historiographiques, anthropologiques et archéologiques accessibles, ce dossier se fixe comme objectif d’étudier l’histoire et les caractéristiques de la diffusion de croyances religieuses – ici la foi chrétienne – dans le cadre pacifique d’un itinéraire commerçant - la route de la soie. Enfin, ce dossier a pour ambition de présenter - de façon non-exhaustive, différents éléments qui attestent de la présence chrétienne sur la partie la plus orientale de la route de la soie, à savoir l’Asie Centrale et la Chine, sur un espace-temps s’étendant de la haute antiquité à la fin de l’ère médiévale.

Etudes et réflexions sur le prosélytisme nestorien

Repenser le Christianisme comme une religion orientale

Né au sein de la religion hébraïque, le Christianisme primitif s’est répandu en occident et en orient, adossées par les communautés juives préexistantes. Depuis la déportation du peuple hébreu à Babylone, des communautés avaient essaimées dans l’orient, phénomène encore accru par la destruction violente du Temple de Jérusalem. Aussi la nouvelle foi se répandit avec zèle en Mésopotamie et en Perse comme en Asie mineure et en Egypte.

Limité à une vision ethnocentrique, les occidentaux considèrent facilement le Christianisme comme un marquage identitaire propre à l’Occident. L’histoire du Christianisme et de sa diffusion dans le monde fut longtemps conçue comme un récit eurocentré, dont ils auraient été les seuls acteurs avec son lot de martyrs et d’inquisiteurs. Cette vision du monde pratique, aussi utile à la glorification de l’Europe Chrétienne qu’à la condamnation morale du Christianisme, arrangeait savants catholiques comme érudits des Lumières. Aussi l’histoire de ce Christianisme le plus oriental, totalement ignoré, demeure aujourd’hui encore trop méconnue.

Les premiers succès temporels du prosélytisme chrétien furent la Nubie et l’Ethiopie, l’Arménie et la Géorgie, dont les souverains furent les premiers à se convertir, entrainant avec eux leur peuple. Le Bahreïn devint un centre religieux chrétien nestorien de première importance[4] où se concentraient missionnaires en partance pour l’Arabie, la Perse et l’Inde[5]. Au VIIe siècle, des églises nestoriennes avaient essaimées jusqu’en Malaisie[6]. Pendant ses quatorze premiers siècles d’existence, le Christianisme comptait davantage d’adeptes en Afrique et dans toute l’Asie qu’en Occident. C’est seulement vers les XIVe et XVe siècles, conjointement à une augmentation démographique de l’Europe catholique alors que les Christianismes orientaux subissaient de plein fouet les massacres de Tamerlan, la fin la pax mongolica et les effondrements de l’empire byzantin et de la Nubie chrétienne, qu’en termes de fidèles, le Christianisme devint majoritairement européen.

Un Christianisme syriaque et perse

La foi «  nestorienne[7] » diffère peu dans les grandes lignes des deux autres principales confessions chrétiennes orientales à savoir chalcédonienne[8] et «  monophysite[9]  ». En effet, ces trois principales confessions adhèrent globalement à la même confession de foi de Nicée-Constantinople – 325-381. Elles diffèrent pourtant entre elles sur quelques points de leur Christologie : si ces trois confessions reconnaissent à la fois la coexistence de la divinité et l’humanité du Christ, elles ne s’accordent pas sur les mots à employer pour la définir théologiquement. Nestorius, moine d’origine syrienne ou perse, nommé évêque et patriarche de Constantinople en 428, s’opposa à l’usage de l’expression « Marie, mère de Dieu », considérant que la vierge Marie n’était la mère que d’une des personnes de la trinité et non de l’ensemble et qu’en outre le Christ ayant deux natures, Marie n’était la mère que de sa nature humaine. Ce faisant il opérait aux yeux de ses détracteurs, une distinction entre la nature divine et la nature humaine du Christ. Cyrille, évêque et patriarche d’Alexandrie, très favorable au culte marial très répandu en Egypte, s’opposa à Nestorius jusqu’à mettre à l’index ses positions doctrinales et à le faire exclure de l’Eglise, lors du concile d’Ephèse de 431.

Nestorius bien que déclaré hérétique et exilé en Egypte ne perdit pas pour autant ses nombreux soutiens principalement localisés au Levant et en Perse. Les « nestoriens » de l’empire furent progressivement persécutés et trouvèrent refuge aux marges orientales de l’empire romain, chez les communautés chrétiennes résidant en Perse et en Arabie. Après des siècles de persécutions religieuses menées par l’empire sassanide envers les chrétiens, l’Etat perse, résolument zoroastrien mais ne parvenant pas à endiguer les conversions et à reconvertir les populations au zoroastrisme[10], finit par tolérer le Christianisme à la condition qu’il soit décliné sous sa forme « nestorienne » [11]et par conséquent indépendante de Constantinople. Aussi « l’Eglise de l’Orient » devint peu à peu l’Eglise « nationale » de l’empire Sassanide. Le patriarche de « l’Eglise de l’Orient » devint l’évêque de Séleucie-Ctésiphon, la capitale de l’empire perse, une tolérance précaire finit par s’installer et il devint courant de rencontrer des Chrétiens jusqu’à la cour du Shahanshah et dans la famille royale[12]. La position d’Eglise officielle de l’empire perse fut parfois remise en question, les « monophysites[13]» rivalisant d’influence avec les «nestoriens», tandis que l’apostasie du Zoroastrisme vers le Christianisme demeurait passible de la peine de mort. C’est cette forme particulière de christianisme qui va requérir notre attention.

Le prosélytisme chrétien des marchands syriens et sogdiens

RS5Par bribes, il est possible de retracer peu à peu l’expansion de l’Eglise à l’est de la Perse. Du second au Vème siècle, le Christianisme va progressivement se propager tout au long de la route de la soie. Durant les premiers siècles, le monachisme n’en est qu’à ses débuts aussi ce sont quasi-exclusivement des marchands de la Syrie et de la Perse qui propageront la nouvelle foi jusqu’en Sogdiane et au Turkestan. Les acteurs principaux de cette propagation du Christianisme en Orient sont les marchands syriens, qui n’hésitaient pas à mener des activités commerciales très éloignées de leur foyer. Par exemple, dans l’empire romain devenu chrétien, des communautés marchandes de Syriens étaient déjà installées à Lutèce et à Lugdunum. La tradition rapporte même que le syrien Saint Siméon le stylite et Sainte Geneviève de Paris, communiquaient l’un avec l’autre par le truchement des marchands syriens venus chercher la bénédiction des saints avant d’entreprendre leurs longs voyages entre la Syrie et la Gaule. A cheval sur l’empire sassanide et sur l’empire romain, au carrefour entre la Méditerranée, la Mésopotamie, l’Arabie et le Caucase, la Syrie du IIIe au VIIIe siècle fut une plateforme d’échange aux ramifications incroyablement étendues. En Inde comme en Chine, les premières communautés chrétiennes ont dû se constituer autour de ces îlots de peuplement syrien. Très rapidement, vers le IIIe siècle, la langue liturgique à l’est de l’empire romain - de l’Arabie à l’Inde en passant par la Perse, devint le syriaque: langue utilisée jusqu’alors par les Syriens dans la vie de tous les jours, mais aussi en tant que lingua franca pour les échanges commerciaux dans toute la région. Le terme de «  marchand  » est même utilisé par les compositeurs et auteurs syriens chrétiens pour désigner ceux qui propagent l’évangile. Dans un hymne syriaque, il est écrit:

«  Voyagez aussi équipés que des marchands,
Afin de gagner le monde.
Que les humains se tournent vers moi,
Que la création se remplisse de mes enseignements[14]  »

Avec l’implantation de plus en plus forte du christianisme en Sogdiane, ce sont principalement les marchands sogdiens qui prendront le relais, devenant les premiers agents du prosélytisme chrétien davantage tourné vers les steppes, le Tibet et la Chine. Les marchands sogdiens n’étaient pas moins fameux que les marchands syriens et le sogdien était aussi une langue véhiculaire de la route de la soie.

Les caractéristiques anthropologique du prosélytisme marchand

Un marchand passe la majeure partie de sa vie sur les routes. Les dangers sont importants et les conditions de vie, difficiles. L’homme en mouvement, avançant au rythme du chameau, du cheval ou de ses pieds, a tout le loisir de réfléchir et de prier. Le voyageur doit être religieux: à son départ il prie la divinité pour sa protection. Arrivé sain et sauf, il l’en remercie. Pourrait-il en être autrement ? Dès lors, la condition marchande semble intrinsèquement devoir être liée à la spiritualité et peut donc être potentiellement liée au prosélytisme.

Le marchand de la route de la soie voyage rarement seul, les dangers de la route sont moindre lorsqu’ils sont partagés. La composition d’une caravane devient toujours plus diverse et cosmopolite à mesure qu’elle progresse vers sa destination. En route, les marchands discutent allègrement entre eux, utilisant les langues véhiculaires de la route de la soie, à savoir le syriaque, le pahlavi et le sogdien. Au cours de ces discussions s’échangent des idées et des concepts religieux. Le long de la route, certains marchands souhaitant remercier Dieu, bâtissent églises,  autels et stèles. Le plus souvent, le moine missionnaire est un ancien marchand, ayant renoncé aux richesses terrestres pour dorénavant amasser les richesses célestes.

Le marchand est à la fois migrateur et citadin. Les villes du haut moyen-âge sont déjà fortement cosmopolites, aussi il n’est pas rare qu’un commerçant étranger s’établisse loin de sa patrie et y fonde une famille. De petites communautés se mêlent, génération après génération à la culture locale. La culture d’origine se mâtine de la culture d’accueil, tandis que même la foi d’origine finit par être pensée avec des concepts empruntés aux religions et aux philosophies locales.

Une communauté religieuse se formant grâce à un prosélytisme marchand présente aussi des inconvénients. Généralement formée autour d’un noyau de familles de marchands expatriés, le passage à une communauté majoritairement composée de convertis sédentaires locaux n’a rien d’évident. Le pouvoir politique local peut fermer les yeux et consentir à la pratique exceptionnelle d’un culte étranger du moment qu’elle est rattachée à une diaspora, mais aussi enclencher des persécutions dès lors que le prosélytisme se fait trop sentir à l’extérieur de sa communauté d’origine. Le sort d’une communauté de marchands chrétiens, installée le long de la route de la soie est ainsi intimement lié au bon vouloir fluctuant d’un pouvoir politique non-chrétien.

L’idéal missionnaire de l’époque était de parvenir à convertir un souverain qui allait ensuite réformer sa société et y propager sa foi. Mais un marchand est-il le mieux qualifié pour une telle tâche? Dans des sociétés sédentaires, hiérarchisée en classes, le souverain est pratiquement hors de portée d’un missionnaire issu de la classe marchande.

RS1Evoluant dans une société non-chrétienne à laquelle ils sont constamment confrontés, la communauté comme l’individu peuvent devenir sensibles aux syncrétismes religieux. Plus particulièrement lorsqu’il s’est agi de conversions individuelles, issues d’un substrat ethnique et culturel néophytes et formant au mieux des communautés dépourvues de structure ecclésiale et de formation doctrinale solides. Dans le cas de communautés installées de longue date, mais perdant tout contact avec l’extérieur, la situation n’est guère plus favorable. Sur le long terme, dans le cas où une telle communauté se retrouve coupée de ses liens avec le pays d’origine et privée de supports théologiques fiables, la netteté des dogmes et les différences de pratiques s’amoindrissent jusqu’à s’amalgamer, facilitant les conversions vers les religions locales.
Aussi sur le long terme, la préservation d’une foi vivante pour ces communautés fut tributaire de l’ouverture des axes de communications.

Succès missionnaires et histoire du prosélytisme nestorien sur la route de la soie

L’Evangile à l’assaut des steppes: missions et conversions chez les peuples turcs et mongols

L’évangélisation première des Huns et des Turcs

Selon l’historien Lev Goumilev, spécialiste des peuples nomades turcophones, les nestoriens auraient été les premiers à avoir véritablement réussis à transmettre aux Turcs et aux Mongols des notions religieuses abstraites, pourtant difficilement compatibles et assimilables à leur culture et à leur mode de vie.

S’il est difficile d’obtenir des renseignements fiables sur le contexte qui a mené des peuples turcophones à embrasser la foi chrétienne, les annales de l’Eglise de l’Orient et des historiens syriaques enregistrent les succès rencontrés chez les peuples des steppes, confirmés sur le terrain par les fouilles archéologiques et les études épigraphiques.

Au IVe siècle, Saint-Jérôme écrit: «Les Huns apprennent le psautier ; les frimas de la Scythie brûlent de la chaleur de la foi.». Au Ve siècle, le Christianisme était déjà implanté en Sogdiane et en Afghanistan[15], tandis que marchands et missionnaires chrétiens entraient en contact avec le peuple turcophone des Huns blancs – aussi appelés Hephtalites. Ceux-ci, à la toute fin du Ve siècle, avaient envahis un territoire correspondant peu ou prou au Turkménistan et à l’Afghanistan actuels. Sous leur règne tolérant prospérèrent le Christianisme, le Bouddhisme et le Manichéisme. Au VIe siècle, une partie de ce peuple s’était convertie à la foi chrétienne, car en 549 les annales nestoriennes rapportent qu’ils réclamèrent au patriarche de Ctésiphon l’instauration d’un évêché qui soit propre aux seuls hephtalites, afin qu’un évêque puisse les suivre durant leurs transhumances[16]. L’essor d’un Christianisme chez les hephtalites est également confirmé par l’existence de psautiers en langue hunnique[17].

La métropole de Merv fut un centre de première importance, aussi c’est probablement de Merv que partaient les missions. Aux VIIe et VIIIe siècles, des courriers entre le métropolitanat de Merv et le patriarcat de Bagdad-Ctésiphon annoncent régulièrement des conversions de chefs avec leur tribu. En 644, une chronique rapporte que le métropolite Elie de Merv convertit un roi turc et son peuple en accomplissant un miracle. À la fin du VIIIe siècle, une métropole est spécifiquement instituée pour «le pays des Turcs», celle-ci venant s’ajouter à celle de Samarkand qui était déjà depuis longue date, siège d’un évêché. Vraisemblablement, du VIIe au XIIe, la foi nestorienne a trouvé des points d’accroche chez les peuples turcs Qangli et Karluks, mais aussi davantage vers l’est chez les Ouighours. Vers 650, Kashgar est déjà le siège d’un métropolite, c’est au total près d’une vingtaine d’évêchés nestoriens qui résidaient au-delà du fleuve Amu Darya[18]. Dans le Zhetysu et le Xinyang, le christianisme nestorien concurrença le Manichéisme et le Bouddhisme. Au Xe siècle, avec la promulgation de l’édit impérial de 845 interdisant la pratique des religions étrangères en Chine, puis avec la conquête du Xinjiang par les Karakhanides, des Turcs karluks récemment convertis à l’Islam[19], le Christianisme nestorien déclina chez les Ouighours.

Le Christianisme des yourtes et des Khans

Il est possible que l’expulsion des moines et des prêtres nestoriens de Chine ait pu provoquer des contacts avec des tribus de Mongolie intérieure et de Mandchourie, car des artefacts avec des croix y ont été trouvés[20]. Au XIe siècle, l’avancée la plus spectaculaire fut la conversion des Kéraïts, une tribu nomade de première importance à l’ouest de la Mongolie. Bar Hebraus, un chroniqueur syriaque a recopié la lettre écrite par l'évêque de Merv, Abdisho, en 1009, qui annonce au patriarche la conversion du roi keraït et de deux cent mille de ses sujets. Cet épisode est confirmé par le chroniqueur persan Rashid-al-Din qui écrit dans le Jami' al-tawarikh: « à cette époque, ils avaient plus de pouvoir et de force que n’importe quelle autre tribu. L’appel de Jésus – la paix soit sur lui – les atteignit et ils devinrent chrétiens.»

Dans la lettre d’Abdisho au patriarche Yohannan de Bagdad, l’évêque de Merv transmet la requête des Kéraïts qui demandent un adoucissement du carême en raison de leur régime alimentaire essentiellement à base de produits laitiers et de viande, régime propre aux peuples d’éleveurs nomades. Requête évidemment accordée, illustrant la tradition d’adaptation et d’acclimatation de l’Eglise d’Orient, habituée à traiter avec des nomades des steppes. Selon le récit de Bar Hebraus, le roi keraït se serait converti à la suite d’un songe où le Christ lui serait apparu. Il serait ensuite allé questionner des marchands chrétiens opérant sur son territoire qui lui auraient appris à prier.

Une autre tribu importante qui se convertit au christianisme - avant ou légèrement après les Kéraïts, fut celle des Önggüts. Leur conversion aurait été profonde comme en attestent plus d’un millier de petites croix en bronze découvertes en Mongolie intérieure[21]. Ils fournirent même un des leurs à la tête de l’Eglise nestorienne: Yahballaha III, patriarche de Bagdad de 1281 à 1317 était un moine önggut.

Dans les décennies qui suivirent, en plus des Kéraïts et des Önggüts qui semblent s’être illustrés par leur ferveur, l’annonce de l’Evangile aurait convaincu une importante partie des individus composant les tribus voisines qu’étaient les Naimans et les Merkits. Dans les siècles suivants, un certain nombre d’individus issus de ces tribus sont réputés pour avoir été des chrétiens[22].

Ces tribus jouèrent des rôles de première importance dans la saga gengiskhanide. Le Wang-Khan Toghrul, le premier allié de Temudjin, était le roi des Kéraïts. Gengis-Khan entra en conflit avec les Naimans dont il poursuivit le chef jusqu’à l’actuel Tadjikistan où il avait monté un coup d’état. Les Onggüts participèrent activement aux conquêtes, procurant un grand nombre de généraux et de princesses à l’empire mongol[23]. Tolui, un des fils de Gengis Khan,  épousa Sorghaghtani Beki, une chrétienne nestorienne issue des Kéraïts. C’est de cette union que naquit Kubilaï, le khan dont les exploits sont racontés par Marco Polo. Bayan, un rival de Kubilaï qui tenta un coup d’état – qui échoua, était chrétien. Il avait même fait de la croix son emblème.

Durant la pax mongolica, les Mongols assurèrent la liberté de culte au sein de leur empire. A cause de leurs qualités d’administrateur, sachant généralement lire et écrire, des nestoriens furent régulièrement choisis pour gouverner des provinces et conseiller les khans. Kitbuqa, gouverneur de Syrie, lieutenant et ami intime du khan Hulagu, était un naiman nestorien. Pratiquement tous les princes mongols de l’Ilkhanat eurent de pieuses mères nestoriennes. Certains furent baptisés comme les princes Öljeitü et Ghazan, fils d’Arghun. Parmi les nouveaux convertis célèbres, on compte la princesse Chabi, femme de Kubilaï khan. Mais les souverains Ilkhanides bien que globalement favorables aux chrétiens – ce qui accrédita en Europe des rumeurs de conversions, demeurèrent de pieux bouddhistes.

Jean de Plan Carpin, un moine franciscain dépêché à la cour du khan Güyük, fils de Sorghaghtani, pour parlementer, s’étonna que: «  (le Khan) tient auprès de lui des clercs chrétiens et il pourvoit à leur entretien; il a toujours auprès de lui une chapelle chrétienne devant sa grande tente, et ces clercs psalmodient publiquement et ouvertement et frappent sur la simandre, pour convoquer à l’office à la façon des Grecs.».

Cette période de paix et de tolérance créa un contexte favorable à un renouveau du prosélytisme nestorien le long de la route de la soie. De la Syrie à la Chine, des églises et des monastères furent rénovés et reconstruits. Le chroniqueur persan Rachid al-din rapporte que le khan Hülegu, influencé par sa femme nestorienne Doquz Khatoun, tenait fermement à « protéger les chrétiens […] au point que, dans toute l'étendue de l'empire, on élevait journellement de nouvelles églises ». Cette nouvelle situation va jusqu’à nourrir le ressentiment de certains musulmans envers les chrétiens, s’indignant que l’empire mongol « tourmente les musulmans, traite injustement ses sujets et permet aux juifs et aux chrétiens de réparer leur temple[24]…».

Avec la progressive conversion à l’Islam des souverains mongols, la tolérance religieuse envers les chrétiens devint de moins en moins prononcée. L’arrivée au pouvoir de Tamerlan fut le coup de grâce. Timur «  le boiteux  » mena une politique fanatique de nettoyage religieux qui éradiquera toute présence chrétienne de la route de la soie. D’autres communautés comme celle des bouddhistes et des derniers zoroastriens, connurent le même sort. Poussés dans leurs derniers retranchements par l’empire mongol, humiliés par les croisés et les tartares, le monde musulman céda au ressentiment. Siècle d’Ibn Taymiyyah et de Tamerlan, le XIVe siècle sonna le glas de l’Eglise d’Orient. De plusieurs millions de membres, l’Eglise ne se borna plus qu’à quelques milliers de fidèles regroupés dans les montagnes du Sinjar.

Le Christianisme, histoire d’une religion de la Chine

Y a-t-il eu une évangélisation précoce de la Chine sous la dynastie Han (Ier-IIIe)?

RS2Selon d’anciennes traditions locales, communes aux églises syriaques et « nestoriennes » de Kerala en Inde, l’apôtre Thomas aurait été l’acteur d’une première évangélisation de l’Inde et de la Chine. Au IIIème siècle, l’écrivain chrétien Arnobe évoquait dans son ouvrage Contre les gentils, une évangélisation contemporaine parmi les chinois et les indiens«  Telle fut la puissance du Fils de Dieu, que l’unité de croyance devint rapidement générale parmi les nations et les peuples les plus différents de mœurs. Chacun sait ce qui fut accompli dans l’Inde, chez les Chinois[25], chez les Perses et chez les Mèdes»[26]. Cette possible évangélisation de la Chine et de l’Inde aux premiers siècles du Christianisme a longtemps été tenue pour rien de plus qu’une pieuse légende. En Inde, une présence chrétienne est pourtant attestée par des témoignages écrits pour la seconde moitié du IIème siècle[27]. Pour ce qui est de la Chine, aucune trace historique indéniable ne permet d’en certifier la présence avant le VIe siècle. Toutefois la récente découverte dans une tombe à Xuzhou d’un miroir de facture Han (25 – 244 ap. J-C) comportant une inscription énigmatique de dix-huit pictogrammes chinois dont la traduction donne  :  «Les Écritures viennent de s’accomplir ; béni soit le Dieu unique ; Mère vertueuse témoigne du Fils de l’homme ; tu as reçu le Roi resplendissant ; L’élever fut ta lourde mission[28]. » devrait, si l’interprétation chrétienne se confirme, faire reconsidérer au moins au début du IIIe siècle[29] la date présumée de l’introduction du Christianisme en Chine. En outre, relevant des rapprochements avec l’art syriaque et avec les thèmes néotestamentaires, certains chercheurs pensent pouvoir attribuer à l’introduction du Christianisme en Chine, le bas-relief chinois découvert à Kong Wang Shan traditionnellement rattaché à l’introduction du Bouddhisme (fin du 1er siècle)[30], mais les conclusions de ces travaux récents demeurent hypothétiques et controversées.

«  La religion radieuse  » pendant la période Tang (VIIe-IXe)

Il fallut attendre la fin du XIXe siècle pour que l’existence de communauté chrétienne en Chine avant l’arrivée de Marco Polo soit consensuellement reconnue. Tout commença au XVIe siècle avec la découverte par des chinois d’une stèle à Signanfou près de Xian. Cette stèle écrite dans un chinois classique du VIIe siècle et en syriaque, ornementé de gravures de dragons et d’un lotus surmonté d’une croix spécifiquement nestorienne, racontait l’introduction d’une religion venue de Perse et décrivait ses doctrines avec des concepts empruntés aux religions bouddhiste et taoïste. Un érudit chinois, converti au catholicisme, signala au Père Matteo Ricci l’existence de cette stèle. Le contexte de cette découverte fit qu’elle fut longtemps considérée comme une forfaiture par les érudits des Lumières, particulièrement méfiants vis-à-vis des Jésuites[31].

Cette inscription était pourtant une découverte révolutionnaire, bouleversant l’état des connaissances concernant les activités missionnaires de l’Eglise d’Orient, grandement ignorées des savants occidentaux. Cette inscription fut réalisée en 781 et raconte cent-cinquante ans de christianisme en Chine. Le christianisme est appelé JingJiao « la religion radieuse».

«  Brillante en vérité est la Religion Radieuse  ! Elle est revenue chez nos T’ang. On a traduit les textes saints, fondé des monastères; c’est le navire de salut des vivants et des morts.  [32]»

En 635, sous le règne de l’empereur Taizong, le Christianisme obtint un statut et une reconnaissance impériale : «  Un homme de grande vertu, Aluopen a apporté les écritures à Chang’an en l’an 635. L’empereur Tang Taizong (627-649) les fit traduire, et reconnaissant leur bien-fondé, donna son approbation officielle en ces termes : «Cette doctrine est salutaire pour toute créature et profitable à tous les hommes. Elle doit donc être diffusée.[33]»

Les annales chinoises de la dynastie Tang désignent le Christianisme sous le nom de Da Qinjiao – ce qui signifie « religion venant de l’Ouest», ou encore Bosijiao c’est-à-dire «  religion de la Perse  ». Nom utilisé en Chine pour désigner le Christianisme jusqu’au IXe siècle. Ce qui étonna les historiens européens c’est que, ce qui apparaissait être la religion majoritaire en Perse aux yeux des chinois, était le Christianisme nestorien et non pas le Manichéisme, le Zoroastrisme ou encore l’Islam. Ceci probablement en vertu du fait que la plupart des marchands venant de Perse étaient des chrétiens Sogdiens et Syriens. Ce phénomène se renforça avec la conquête musulmane de l’empire sassanide. Les annales chinoises Tang rapportent que le roi sassanide Peroz envoya des missions diplomatiques chez les Chinois. La bonne entente entre les deux empires ouvrit la voie à des projets de coopération militaire pour contenir les Arabes mais aussi la permission pour les communautés issues de l’empire sassanide de fonder des monastères Bosijiao. Longtemps les historiens pensèrent qu’il s’était agi de temples zoroastriens, mais les avancées et les travaux considérables des sinologues démontrèrent qu’il s’agissait de monastères nestoriens[34].

A Dunhuang, des milliers de manuscrits composés entre le Ve et XIe siècle furent découverts dans une grotte en 1900. Parmi ceux-ci un certain nombre de manuscrits nestoriens qui apportèrent un éclairage sur la théologie et la spiritualité de cette église nestorienne chinoise, aujourd’hui communément surnommé «les sutras de Jésus». Parmi ces manuscrits nestoriens, version nestorienne de l'Évangile selon Saint-Jean, un hymne chinois à la Trinité et de nombreux documents liturgiques, des offices dits en chinois, composés par Adam-Jingjing, l’auteur présumé du texte de la Stèle nestorienne de Singanfou. La théologie n’est guère éloignée de ce qu’on peut trouver à la même époque en Mésopotamie, le cœur des dogmes restant identique, mais beaucoup de choses sont exprimées avec un vocable emprunté aux concepts des religions dharmiques, les noms syriaques de Dieu, Christ et Satan sont rendus phonétiquement en chinois. Les titres de ces documents sont évocateurs et ressemblent à s’y méprendre à des traités bouddhistes ou taoïstes: Le Sutra de l’Ultime et Mystérieux Bonheur, Le Sutra de l’Unité du Ciel, tout cela sonne éminemment extrême-oriental[35].

Après trois siècles de présence, le Christianisme nestorien s’était solidement implanté en Chine, bien que restant encore fortement rattaché aux communautés ayant fui la progression islamique.  Vivant en bonne harmonie avec les autres confessions de la Chine – même si la stèle raconte des débats apologétiques parfois houleux entre les nestoriens et les bouddhistes[36].


Mais le fleurissant christianisme chinois va être balayé par un évènement catastrophique: ce sera la violente et soudaine promulgation de interdiction des cultes étrangers de 845, ce qui est également connu sous le nom de «grande persécution antibouddhiste». Sont en fait visées toutes les religions provenant de l’extérieur et plus particulièrement celles qui incitent à la méditation et au retrait du monde. Motivé par un strict retour au confucianisme, cet édit portera un coup mortel à ce christianisme chinois, mais aussi plus largement au manichéisme et au Bouddhisme, qui ne retrouveront jamais leurs splendeurs d’antan. Les monastères et les églises furent confisqués, le clergé nestorien fut expulsé, tandis que les communautés non-chinoises furent sommées de quitter le territoire ou de s’assimiler complètement. Le but de l’édit était que « nous parvenions à unifier nos manières afin que dans le future, nos jeunes puissent ensemble retourner à la culture impériale[37]».

Comme nous avons vu plus haut, il semble que certains chrétiens nestoriens se soient expatriés en Mongolie intérieure, en Mandchourie et même au Tibet. Au Tibet, des fouilles mirent au jour des artefacts clairement nestoriens, dont certains remontent aux VIe et VIIe siècles[38]. Des lettres de Timothée Ier, patriarche de l’Eglise d’Orient concernant l’envoi de missionnaires au Tibet au début du IXe siècle constituent également une preuve documentaire de l’établissement du christianisme nestorien au Tibet[39].

En Asie centrale, les Kara-Khitans, une dynastie d’origine sino-mandchoue, semble avoir entretenu des liens étroits avec le christianisme nestorien. Issu des Liao, une dynastie qui régnât sur le nord de la Chine de 907 à 1115, les Kara-Khitans avaient fuis vers l’Ouest, en Asie centrale où ils créèrent un royaume puissant et particulièrement tolérant, comprenant les villes de Samarkand, Khotan et Almaliq. Les noms de certains de leurs princes semblent chrétien, c’est le cas de Yillie – équivalent d’Elias, prénom très répandu chez les nestoriens – et de Zhilugu – potentiellement une forme sinisée de Georges[40]. Certains historiens pensent même que leurs premiers souverains se seraient convertis au Christianisme nestorien, donnant ainsi naissance à la légende du prêtre Jean[41].

Le Christianisme sino-mongol à l’époque des Yuan

Le second âge d’or du christianisme nestorien en Chine fut sous la domination mongole de la dynastie Yuan. Comme précisé plus haut, des clans mongols s’étaient convertis à la foi chrétienne. Des populations chrétiennes –et musulmanes - furent également déplacées de force en grand nombre jusqu’en Chine. De très nombreuses pierres tombales nestoriennes de cette époque ont été retrouvées, y compris dans la Chine du sud, à Guangzhou[42], manifestant la puissance et l’influence partiellement retrouvée de cette Eglise. Toutefois, la plupart des inscriptions sont en turco-syriaque et appartenaient à des mongols et des ouighours installés en Chine, servant la dynastie Yuan. Les nestoriens étaient fort nombreux à la cour du Khan de Chine. Même si il est irréfutable qu’il y’ait eu des conversions parmi la population proprement chinoise[43], le christianisme resta une religion considérée comme étrangère, apportée avec le joug mongol.

L’anéantissement de la dynastie Yuan par les Ming en 1368, s’accompagna de violentes persécutions xénophobes. Aussi, comme en Perse et au Turkménistan, la disparition de la dynastie mongole sonna le glas du Christianisme nestorien. Coupé définitivement de sa base, désorganisée, pourchassée, ce qui restait de l’Eglise nestorienne en Chine plongea définitivement dans l’obscurité et le silence. Lorsque les Jésuites arrivèrent en Chine au XVIe siècle, il n’y avait vraisemblablement plus rien à sauver, il était trop tard.

Conclusion

L’étude de l’histoire du christianisme sur la route de la soie, de l’Asie centrale à la Chine permet de saisir les caractéristiques d’un prosélytisme exclusivement lié à une diffusion marchande et missionnaire le long d’une route de commerce.

Tout d’abord, les possibilités de conversions et de transfert tiennent à l’ouverture des voies de communication. Ce n’est pas un hasard si le Christianisme ne s’est pas répandu en Chine entre les dynasties Han et Tang. Fermée à la fin du IIIe siècle, rouverte au VIIe, cela  correspond parfaitement aux périodes pendant lesquelles la route de la soie était praticable et aux périodes pour lesquelles témoignent des traces archéologiques.

Le rôle des marchands fut évidemment proéminent. L’exemple historique démontre combien le prosélytisme nestorien fut mené par les marchands Syriens et Sogdiens, dont les langues composèrent des épitaphes et des manuscrits qu’on retrouva jusque sur les contreforts des montagnes tibétaines et sur les rivages de l’Océan pacifique.
Les succès de cette évangélisation sur la route de la soie, l’Eglise nestorienne la doit à sa capacité d’acclimatation, sa compréhension des cultures et des religions des pays d’accueil, dont elle va emprunter jusqu’aux concepts pour se laisser à son tour comprendre. Cette notion d’échange fut centrale dans cette diffusion pacifique de la foi en Christ.

Porté par ses marchands, le message chrétien fut entendu des khans, plus facilement accessibles que ne l’étaient les empereurs sédentaires. À sa façon, durant la dynastie Tang, le christianisme fut la « quatrième voie  », aux côtés des autres religions chinoises.

L’histoire a montrée aussi combien une communauté religieuse qui ne bénéficia pratiquement nulle part de la majorité absolue ni d’un « soutien international» assuré, fut d’autant plus sujette aux revirements du sort et aux aléas de l’histoire. Au cours d’un millénaire d’existence et d’évangélisation, cela c’est joué de peu. A posteriori, ils sembleraient presque ne jamais avoir existés. Pourtant, le christianisme nestorien aurait pu avoir ses propres Seldjoukides ou Ottomans. Quant à la fabuleuse histoire de l’évangélisation chrétienne sur la route de la soie, le plus probable est que son immense récit demeurera à jamais dans l’ombre.

Bibliographie  :

-          Forte Antonio, The edict of 638

-          Pelliot Paul, L’inscription nestorienne de Si-ngan-fou.

-          PelliotPaul, Chrétiens d'Asie centrale et d'Extrême-Orient, T'oung Pao, 1914.

-          Jenkins Philip The lost history of Christianity

-          Roux Jean-Paul, Le Christianisme en Asie Centrale.

-         Yacoub Joseph, De Babylone à Pékin, l'expansion de l'Église nestorienne en Chine

-      Lala Comneno Maria Adelaide Nestorianism in central Asia during first millennium

-          Bays Daniel H. The Nestorian Age and the Mongol mission, 635-1368

-          Grousset René, L’empire des steppes, une histoire de l’Asie centrale.

-          Palmer Martin. The Jesus Sutras: Rediscovering the Lost Scrolls of Taoist Christianity

-          Zarncke Friedrich. Der Priester Johannes.

-     Thomson Glen. L. Christ on the Silk Road  : The Evidences of Nestorian Christianity in Ancient China


[1] Voltaire, Essai sur les mœurs, Ed Garnier. Paris. 1963, vol 1, pp 225-226

[2]  En 762 les manichéens profitèrent d’un véritable soutien étatisé quand le roi du royaume Uigur se convertit au Manichéisme.

[3] A l’exception notable de l’Inde, de la Syrie et de l’Irak où des communautés chrétiennes se référant encore à l’Eglise de l’Orient existent encore. Au total, cela concerne à peine quelques centaines de milliers d’individus.
Le siège de l’Eglise a quitté Bagdad pour Chicago.

[4] Hellyer Peter, Nestorian Christianity in the Pre-Islamic UAE and Southeastern Arabia.

[5] Où des communautés chrétiennes sont attestées dès la fin du IIe siècle. Voir le voyage de Panthène, relaté par Eusèbe de Césarée. Historia Ecclesiastica Chap 5. 9–10.

[6] Hermen Shastri (2005). "Christianity". In M. Kamal Hassan & Ghazali Bin Basri. Encyclopedia of Malaysia 10 (1st ed.). Kuala Lumpur: Editions Didier Millet. Retrieved 26 July 2008.

[7]  L’usage du terme de nestorien pour désigner ce qui relève du Christianisme issu du schisme de 431 suite au concile d’Ephèse est de nos jours controversé. Sont généralement proposés en remplacement, les termes  «  assyrien  » et  «  Eglise de l’Orient  », de plus en plus en usage dans la production anglophone bien que encore peu usités en français. Toutefois pour assurer la bonne compréhension du dossier et afin d’éviter «  assyrien  » qui renvoie davantage à une ethnie qu’à une confession chrétienne, le terme de «  nestorien  » est ici conservé.

[8] La position chalcédonienne est celle des Eglises aujourd’hui communément appelées «  orthodoxes  », à savoir l’Eglise byzantine/grecque orthodoxe et catholique.

[9]  Les termes de monophysite ou miaphysite, signifiant «  une seule nature  » sont aujourd’hui parfois considérés comme impropres à qualifier la confession «  des trois Eglises  » à savoir – Arménienne apostolique, Copte orthodoxe et Syriaque orthodoxe, néanmoins ce terme est ici utilisé pour faciliter la compréhension.

[10] Au début du Ve siècle, les Chrétiens formaient déjà la majeure partie de la population en Arménie et en Syrie et la majorité de la population en Iraq vers la fin du VIe siècle.

[11] Cette tolérance fut régulièrement remise en question et souvent accompagnée de mesures vexatoires visant à interdire le prosélytisme, les conversions et à favoriser les retours au zoroastrisme.

[12]  La femme préférée du roi Khosro II, Shirin était chrétienne. De même l’était Yazdin, son ministre des finances.

[13] Ceux-ci, nombreux dans l’empire Perse puisque composant la quasi-totalité des Arméniens et une grande partie des Syriens.

[14] Rapporté dans Jenkins Philip The lost history of Christianity. P 63 Traduit par l’auteur.

[15] En 424, un évêque est désigné pour la ville d’Herat in "Asia at a Glance".

[16] Kurbanov, Aydogdy (2010). "The Hephthalites: Archaeological and historical analysis".

[17] Yacoub Joseph, De Babylone à Pékin, l'expansion de l'Église nestorienne en Chine.

[18] Jenkins Philip, The lost history of Christianity. P 63.

[19] Peu après la conquête musulmane de Talas en 893 par les Samanides.

[20] Tjalling H. F. Halbertsma, Early Christian Remains of Inner Mongolia: Discovery, Reconstruction, and Appropriation (Leiden: Brill, 2008).

[21] Roux Jean-Paul, Le Christianisme en Asie Centrale.

[22] Par les sources persanes, syriaques et latines.

[23] Paul Pelliot, Chrétiens d'Asie centrale et d'Extrème-Orient, dans T'oung Pao, vol. XV, 1914, p. 629

[24] La citation est d’Ibn Battuta, voyageur marocain au Turkestan oriental en 1333.

[25]Le terme latin traduit ici par Chinois est seres, les habitants de Serica  signifiant: «  le pays de la soie  ».

[26] Adversus Gentes, lib. XI, chap.XII.

[27] Ainsi Eusèbe de Césarée rapporte que Panthènes d’Alexandrie effectua un voyage en Inde à la demande d’une communauté chrétienne locale.

[28] Traduction fournie par http://www.eecho.fr/thomas-en-asie-le-dossier ; davantage d’informations sur https://daleinchina.wordpress.com/2011/06/06/christian-evidence-embedded-in-imagery-of-chinese-bronze-mirror/

[29] http://www.china.org.cn/english/2002/Aug/38524.htm

[30] Pierre Perrier, De l'empire parthe jusqu'en Chine : la frise de Kong Wang Shan, in Ilaria Ramelli, Pierre Perrier, Jean Charbonnier, L'apôtre Thomas et le christianisme en Asie, Paris, 2013, éd. AED, p. 81.

[31] Pelliot Paul, L’inscription nestorienne de Si-ngan-fou.

[32] Pelliot Paul, L’inscription nestorienne de Si-ngan-fou. P 179.

[33] Maison des missions étrangères de Paris, 128 rue du Bac, 75006 Paris

[34] Forte Antonio, The edict of 638 in Pelliot Paul, L’inscription nestorienne de Si-ngan-fou. P 363

[35]Palmer Martin. The Jesus Sutras: Rediscovering the Lost Scrolls of Taoist Christianity. New York, 2001.

[36] Idem

[37] Philip T.V East of the Euphrates: Early Christianity in Asia

[38] DAUVILLIER Jean, « L’expansion au Tibet de l’Église chaldéenne au Moyen Âge », p. 1-4. Dans Bulletin de la Société toulousaine d’études classiques, no 49, Toulouse, 1950

[39] http://earlytibet.com/2007/12/02/christianity-in-early-tibet/

[40] Grousset René, L’empire des steppes, une histoire de l’Asie centrale.

[41] Zarncke F. Der Priester Johannes.

[42] Christian remains in Zayton (Quanzhou, South China). Compiled by Professor Sam Lieu FRHistS, FSA, FAHA and Dr Ken Parry

[43] Une partie non-négligeable de ces inscriptions sont en chinois ou bilingue  : turco-syriaque et chinois. Certains noms sont clairement chinois.

 

*Voir ci dessous le Dossier WRW en cours de construction 'Dialogues interreligieux Occident-Orient':

> Christiaismen celte, christianisme oriental, Islam: la "Egyptian connection", de William Dalrymple

>> Marco Polo, héros de l'interculturalité de Colin Thubron

>> "Cet Imposteur nommé Bouddha..." de Eliot Weinburger